Féminisme en 1605 par Cervantes ( note de lecture) (17/03/2020)
La première version originale du Don Quichotte de Cervantes, en 1605, révèle, à côté des aventures picaresques du Don Quichotte de nos enfances, de nombreux passages philosophiques qui traitent de divers sujets de la société de l’époque.
Parmi eux un passage étonnant où une belle jeune fille, dont tous les jeunes gens sont amoureux, est considérée comme cruelle car elle ne cesse de les éconduire. Extraits....
« Le ciel m’a fait belle, selon que vous dites, et de telle matière que ma beauté vous contraint à m’aimer sans que vous ayez la puissance de faire autrement. Et, pour l’amour que vous me montrez, vous dites et même vous voulez que je sois obligée de vous aimer. Je connais bien par le naturel entendement que Dieu m’a donné que tout ce qui est beau est aimable, mais je ne comprend point, que pour la raison qu’il est aimé, ce qui est aimé pour beau soit obligé d’aimer celui qui l’aime. »
« Le ciel n’a point voulu jusqu’à cette heure que j’aimasse par destin, et c’est vanité de penser que je doive aimer par choix. »
« Je suis de condition libre et je ne désire point m’assujettir. »
Et en contrepoint de ce texte, voire en complément, se trouve plus loin dans le texte un avis sur le comportement des jeunes gens, toujours en 1605.
« Il advint donc que, comme l’amour chez les jeunes gens n’est pas amour, mais appétit, lequel a pour fin le dernier plaisir, et dès qu’ils viennent à obtenir satisfaction, ce qui semblait auparavant amour s’achève et s’en retourne en arrière …. se désirs s’apaisent et ses affections se refroidissent. »
Extraits de « L’ingénieux Hidalgo DON QUICHOTTE de la Manche » de Miguel CERVANTES, illustrations de Gérard Garousste – Editions Diane de SELLIERS.
Lecture de Michel CANET
09:49 | Tags : féminisme | Lien permanent | Commentaires (0)